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Canons de Dordrecht (Suite)
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I - La prédestination, l'élection
et la réprobation (Suite)
Rejets
des erreurs
La doctrine
orthodoxe de l'élection et de la réprobation ayant
été exposée, le synode rejette les erreurs
de :
I.
Ceux qui enseignent : Que
la volonté de Dieu de sauver ceux qui croiront et persévéreront
dans la foi et l'obéissance de la foi, est le total et
entier décret de l'élection au salut, et que rien
d'autre n'est révélé dans la Parole de Dieu
concernant ce décret.
En effet,
ceux-ci trompent les gens simples, et s'opposent manifestement
à l'Ecriture sainte qui témoigne non seulement
que Dieu veut sauver ceux qui croiront, mais aussi que, de toute
éternité, il a choisi certaines personnes pour,
en temps opportun, leur donner plutôt qu'aux autres la
foi en Jésus-Christ et la persévérance,
comme il est écrit : J'ai
manifesté ton Nom aux hommes que tu m'as donnés (Jn 17 : 6), de même : Tous ceux qui étaient destinés
à la vie éternelle crurent (Ac 13 : 48) ; et : Il nous a prédestinés avant
la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut
devant lui (Ep
1 : 4),
etc.
II.
Ceux qui
enseignent : Que
l'élection de Dieu à la vie éternelle est
de plusieurs sortes
: l'une, générale et indéfinie ;
l'autre, particulière et définie. Que cette
élection est donc ou bien incomplète, invocable,
non péremptoire, mais conditionelle ; ou bien complète,
irrévocable, péremptoire ou absolue. De même : Qu'autre est l'élection à
la foi, autre celle au salut, de telle sorte que l'élection
à la foi justifiante peut exister sans l'élection
péremptoire au salut.
Tout cela
n'est qu'une invention du cerveau humain, forgée en dehors
des Ecritures, qui corrompt la doctrine de l'élection,
et brise cette chaîne d'or de notre salut : Ceux que Dieu a prédestinés,
il les a aussi appelés, et ceux qu'il a appelés,
il les a aussi justifiés, et ceux qu'il a justifiés,
il les a aussi glorifiés. (Rm 8 : 30)
III.
Ceux qui
enseignent : Que
le bon plaisir et le propos arrêté de Dieu, dont
l'Ecriture fait mention dans la doctrine de l'élection,
ne consiste point en ce que Dieu ait choisi certaines personnes
plutôt que les autres, mais en ce que, de toutes les conditions
possibles (parmi lesquelles sont aussi les oeuvres de la Loi),
ou du rang de toutes choses, Dieu a choisi l'acte de la foi,
quoique vil en soi, et l'obéissance imparfaite de la foi
comme la condition du salut, et que c'est par grâce qu'il
a voulu le considérer comme une obéissance parfaite,
et le juger digne d'être récompensé par la
vie éternelle.
Car, par
cette pernicieuse erreur, le bon plaisir de Dieu et le mérite
de Jésus-Christ sont détruits, les hommes sont
détournés par des questions inutiles de la vérité
de la justification gratuite, et de la simplicité des
Ecritures ; et cette déclaration de l'Apôtre est
accusée de faux : C'est
lui qui nous a sauvés et nous a adressé un saint
appel, non à cause de nos oeuvres, mais à cause
de son propre dessein et de la grâce qui nous a été
donnée en Christ-Jésus avant les temps éternels. (2 Tm 1 : 9)
IV.
Ceux qui
enseignent : Qu'en
l'élection à la foi, est requise auparavant cette
condition
: que l'homme use droitement de la lumière naturelle,
qu'il soit homme de bien, humble et disposé à la
vie éternelle, comme si en quelque sorte l'élection
dépendait de ces choses.
Car cela
sent l'opinion de Pélage, et taxe trop ouvertement de
fausseté l'Apôtre, quand il dit : Nous tous aussi, nous étions
de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises
charnelles, nous exécutions les volontés de notre
chair et de nos pensées, et nous étions par nature
des enfants de colère comme les autres.
Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause
du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions
morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le
Christ - c'est par grâce que vous êtes sauvés
- il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble
dans les lieux célestes en Christ-Jésus, afin de
montrer dans les siècles à venir la richesse surabondante
de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus.
C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés,
par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le
don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne
ne se glorifie.
(Rm
2 : 3-9)
V.
Ceux qui
enseignent : Que
l'élection incomplète et non péremptoire
des personnes particulières au salut, s'est faite parce
que Dieu aurait prévue la foi, la conversion, la sainteté
et la piété commencées ou continuées
pendant un certain temps. Mais que l'élection complète
et péremptoire s'est faite pour avoir prévu la
persévérance finale de la foi, de la conversion,
de la sainteté et de la piété. Et qu'en
cela se trouve la dignité gratuite et évangélique,
pour laquelle celui qui est élu est plus digne que celui
qui n'est pas élu
; et, par conséquent, que la foi, l'obéissance
de la foi, la sainteté, la piété et la persévérance
ne sont pas les fruits ou les effets de l'élection immuable
à la gloire, mais les conditions et les causes, sans lesquelles
l'élection ne pourrait pas se faire ; et que ces
conditions ou causes sont préalablement requises et prévues,
comme si elles étaient déjà accomplies en
ceux qui devront être complètement élus.
Ceci contredit
toute l'Ecriture qui, en divers endroits, inculque à nos
oreilles et à nos coeurs des affirmations telles que celles-ci,
et d'autres semblables : L'élection
qui dépend non des oeuvres, mais de celui qui appelle (Rm 9 : 12) ; Tous
ceux qui étaient destinés à la vie éternelle
crurent (Ac 13 : 48) ; En lui, Dieu nous a élus avant la
fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut
devant lui
(Ep
1 : 4)
; Ce n'est
pas vous qui m'avez choisi, mais moi, je vous ai choisis (Jn 15 : 16) ; Si c'est par la grâce, ce n'est plus
par des oeuvres (Rm 11 : 6) ; Et
cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu,
mais en ce qu'il nous a aimés et qu'il a envoyé
son Fils. (1 Jn 4 : 10)
VI.
Ceux qui
enseignent : Que
toute élection au salut n'est point immuable, mais que
quelques élus, nonobstant tout autre décret de
Dieu, peuvent périr, et prérissent éternellement.
Par cette
grossière erreur, ils font Dieu muable, et renversent
la consolation des fidèles touchant la fermeté
deleur élection ; ils contredisent les saintes Ecritures,
qui enseignent : Que
les élus ne peuvent être séduits (Mt 24 : 24) ; que Christ ne perd point ceux qui lui sont
donnés du Père (Jn 6 : 39) ;
que ceux que Dieu a prédestinés, appelés,
justifiés, il les glorifie aussi. (Rm 8 : 30)
VII.
Ceux qui
enseignent : Que
durant cette vie, il ne revient de l'immuable élection
à la gloire aucun fruit, aucun sentiment, aucune certitude,
sinon ceux qu'on peut avoir d'une condition muable et contingente.
C'est en
effet une chose absurde de concevoir une certitude qui soit incertaine.
Cela s'oppose à l'expérience des saints qui, avec
l'Apôtre, s'égayent au sentiment de leur élection
et célèbrent ce bienfait de Dieu ; qui, avec les
disciples, se
réjouissent
(suivant
l'admonition de Jésus-Christ) de ce que leurs noms sont écrits
dans les cieux
(Lc
10 : 20)
; bref, qui oppposent le sentiment de l'élection aux dards
enflammés des tentations du diable, en demandant : Qui
accusera les élus de Dieu ? (Rm 8 : 33)
VIII.
Ceux qui
enseignent : Que
Dieu, de sa seule et juste volonté, n'a point décidé
de laisser aucun homme dans la chute d'Adam et dans l'état
commun du péché et de la condamnation, ou de le
négliger dans la communication de la grâce nécessaire
à la foi et à la conversion.
Car cela
demeure : Dieu
fait miséricorde à celui qu'il veut, et il endurcit
celui qu'il veut
(Rm
9 : 18).
De même : Il
vous est donné de connaître les mystères
du Royaume des Cieux et qu'à eux cela n'a pas été
donné
(Mt
13 : 11).
Et encore : Je
te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce
que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents
et de ce que tu les as révélées aux enfants.
Oui, Père, je te loue de ce que tel a été
ton bienveillant dessein.
(Mt
11 : 25-26)
IX.
Ceux qui
enseignent : Que
la cause pour laquelle Dieu envoie l'Evangile plutôt à
une nation qu'à une autre, n'est pas le seul et unique
bon plaisir de Dieu, mais parce qu'une nation est meilleure et
plus digne que celle à laquelle l'Evangile n'est point
communiqué.
Car Moïse
y contredit, en parlant ainsi au peuple d'Israël : Voici, qu'à l'Eternel,
ton Dieu, appartiennent les cieux et les cieux des cieux, la
terre et tout ce qui s'y trouve. Et c'est à tes pères
seulement que l'Eternel s'est attaché pour les aimer ; et, après
eux, c'est leur descendance, c'est vous qu'il a choisis d'entre
tous les peuples, comme (vous le voyez) aujourd'hui. (Dt 10 : 14-15) Et Jésus-Christ
: Malheur
à toi, Chorazin
! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car, si les
miracles faits au milieu de vous avaient été faits
à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu'elles se
seraient repenties avec le sac et la cendre. (Mt 11 : 21) |
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