Ressources/vspace.gif (886 bytes)

Ressources/f72bline.jpg (3857 bytes)

La vie chrétienne !

Ressources/f72blinea.jpg (1770 bytes)

La crucifixion et la résurrection ! (suite)

II. La résurrection

Il n'y a pas de meilleur point de départ pour une réflexion sur la résurrection que la mise en garde que Paul adresse à l'Eglise de Corinthe (1 Co 15:17), dans laquelle il associe la résurrection du Christ à celle des croyants.

A nous qui n'avons eu part ni à l'incarnation, ni à la transfiguration, ni à la mort expiatoire du Christ, et qui ne partagerons que bien peu son ascension, Paul affirme que nous aurons part à la résurrection tout autant qu'elle a été présente dans la vie humaine de Jésus. Paul ne dit pas que notre résurrection se passera de la même manière que celle de Christ, ou que notre mort risque de ressembler à la sienne. Lorsqu'il parle de la résurrection, dans ce passage et en 1 Thessaloniciens 4 et 5, il explique plutôt en quoi notre résurrection sera différente de la sienne. Cependant, quelles que soient les différences, le principe reste le même. Comme Jésus, nous vaincrons la mort et nous partagerons avec lui la vie éternelle de Dieu.

La première chose à avoir à l'esprit est l'importance de la résurrection pour la foi. Il ne faut pas se laisser prendre au piège de penser qu'en elle-même, la résurrection peut produire la foi en nous. Jésus a repris Thomas qui a réclamé une preuve de la résurrection, et ceux qui en demandent de nos jours seront certainement déçus. La foi ne naît pas des miracles, aussi merveilleux soient-ils, mais de l'écoute de la Parole. C'est pourquoi, avant la mort de Jésus, les disciples avaient déjà une ébauche de foi (cf. Mt 16:16), mais celle-ci ne s'est pas pleinement épanouie, même après la résurrection (cf. Ac 1:6-7). La résurrection ne suscite pas plus la foi que son absence ne la détruit. Aujourd'hui, certains confessent la foi en Christ tout en trouvant impossible de croire à la résurrection; pour nous qui y croyons fermement, une telle profession de foi est inacceptable, mais notre rejet ne concerne pas le mot "foi". La Bible ne dit pas que sans la résurrection la foi est impossible, mais qu'elle est vaine, c'est-à-dire vide et sans contenu.

Le texte précise pourquoi de façon explicite. Il ne s'agit pas, d'abord, de mort, bien qu'il en soit question aussi, mais de péché. Sans la résurrection, nous sommes encore dans nos péchés, ce qui signifie que l'oeuvre rédemptrice de Jésus-Christ n'est pas complète sans la résurrection. Cela met en question le point de vue protestant classique selon lequel les paroles de Jésus sur la croix ("Tout est accompli!") signifient souvent qu'à partir de ce moment-là l'oeuvre de rédemption, de réconciliation est accomplie. Combien de fois la theologia crucis n'a-t-elle pas tellement retenu l'attention que la theologia gloriae s'en est trouvée sacrifiée, alors que les deux sont les deux faces d'une seule et même médaille? Ce n'est pas abaisser la croix de dire que le sacrifice de Jésus aurait été vain si Christ n'était pas ressuscité des morts, s'il n'avait pas démontré avec puissance qu'il n'avait pas seulement payé le prix du péché, mais qu'il avait également vaincu celui-ci!

En s'exprimant ainsi on risque soit de dire une évidence, soit de nier un aspect de l'oeuvre rédemptrice du Christ sur la croix. Ces dangers sont réels, et il faut les éviter si on veut présenter un tableau équilibré. Il ne faudrait pourtant pas permettre que la résurrection passe au deuxième plan, comme s'il s'agissait d'un événement d'importance secondaire. La souffrance et la mort de Jésus-Christ n'étaient pas des fins en elles-mêmes; elles ont ouvert le chemin à la victoire sur le pouvoir du péché et vers la vie nouvelle dans l'amour éternel de Dieu. Le message chrétien est celui de l'espoir dans la vie au travers de la mort, ce qu'il ne faut jamais perdre de vue, tout en accordant aux autres aspects de l'oeuvre du Christ la place qui leur revient. Sans la résurrection, notre foi serait vaine puisqu'il ne nous resterait aucun espoir, rien qui puisse favoriser l'épanouissement, dans la confiance et l'obéissance, de notre vie présente. En tant qu'êtres humains, nous avons un besoin désespéré d'être délivrés du péché: y a-t-il rien de plus tragique que d'avoir mis sa foi en quelqu'un qui a fait une promesse, mais qui n'a pas été capable de la tenir?

La résurrection de Jésus-Christ abolit le pouvoir du péché et de la mort comme rien d'autre ne pourrait le faire, et c'est à juste titre qu'elle tient la place d'honneur dans notre adoration et dans notre prédication. Pourtant, en effaçant les effets du péché, la résurrection n'élimine pas automatiquement toute trace de souffrance. Lorsque Jésus est apparu à Thomas, il lui a demandé de toucher ses mains et son côté, là où les marques des plaies étaient encore visibles. Nous n'avons pas à suivre certaines expressions de piété macabre pour laquelle les plaies de Christ seraient encore ouvertes et le resteraient pour l'éternité, telles des fontaines d'où s'écoulerait le sang qui lave les péchés des hommes. C'est contre une telle déformation que Calvin s'élève dans son commentaire de Luc 24:13-35. C'est avec raison qu'il soutient que les hommes en route vers Emmaüs auraient vite reconnu Jésus s'il avait porté encore les marques de sa Passion. Pour Calvin, le fait qu'ils ne l'ont pas reconnu indique clairement que les marques n'étaient plus là!

Il est dangereux de tirer argument d'un silence et Calvin, voulant à tout prix éviter cette erreur, est sans doute allé un peu trop loin. Les marques des blessures du Christ n'ont pas en elles-mêmes la moindre signification pour le salut, mais elles sont importantes pour ce qu'elles nous disent de la souffrance de Jésus. C'est en portant sur nos corps les marques du Seigneur Jésus que nous goûtons les prémices du Royaume (2 Co 4:10). Par là, Paul ne signifie en aucune manière que nous contribuons à notre propre salut, car cela serait en contradiction avec tout son message évangélique. Il veut seulement dire que la souffrance fait partie de notre gloire, qu'elle est l'un des privilèges que nous confère la communion avec Jésus. De nos jours, nous sommes en sérieux danger de prêcher un évangile de la facilité et du confort, pour lequel la résurrection assurerait une délivrance automatique de toute souffrance. Cela peut être vrai au plan eschatologique, en ce sens que lorsque nous ressusciterons, toutes nos douleurs disparaîtront. Il faut, cependant, affirmer avec insistance que cela ne l'est pas en ce qui concerne la relation entre le Christ ressuscité et nous, qui continuons à oeuvrer en tant qu'Eglise militante. Nous avons encore des souffrances à endurer jusqu'à ce que la vie du Christ soit répandue au loin dans le monde. En ressuscitant, Christ n'a pas effacé tout souvenir de ses souffrances; il nous les a plutôt présentées comme un exemple à suivre en poursuivant notre oeuvre de diffusion de l'Evangile.

Dans le Nouveau Testament, la résurrection de Jésus est présentée comme le début d'une période intermédiaire qui s'est achevée quarante jours plus tard, à son ascension. Le symbolisme des quarante jours est réel pour ceux qui connaissent les Ecritures, mais l'important n'est pas là. Il nous importe plutôt de remarquer que cette étape intermédiaire de la vie du Christ, entre la terre et le ciel, n'a pas de parallèle dans notre vie à nous. Lorsque Jésus reviendra à la fin des temps, nous est-il dit, les morts ressusciteront les premiers et ceux qui sont encore en vie le rejoindront dans les airs. En termes théologiques, la résurrection et l'ascension seront pour nous, à la différence de Jésus, un seul événement. Pourquoi pas?

Considérons maintenant ce qui s'est passé au cours des quarante jours qui ont séparé les deux événements. En premier lieu, il y a l'apparition de Jésus à ses disciples. Les récits des évangiles ont souvent été écartés pour la simple raison que Jésus s'est montré uniquement à des croyants, et pas à ceux qui étaient extérieurs à son propre cercle; le cas de Thomas, pourtant, suggère que les associés de Jésus n'étaient pas tous prêts à "avaler" une pareille histoire sans examen critique. On peut penser que Marie-Madeleine était dans une sorte d'état hystérique dans le jardin, mais quand bien même il en aurait été ainsi, rien ne permet d'imaginer que celui-ci pouvait se communiquer à d'autres - surtout pendant une période de quarante jours! Si Jésus s'était montré seulement une fois à une seule personne, ou exactement de la même manière à deux ou trois personnes, un certain scepticisme serait justifié. Mais le nombre et la variété de ses apparitions après sa résurrection rendent peu probable, pour le moins, une hallucination collective! A noter également l'équilibre entre le divin et l'humain dans la personne du Christ ressuscité. Apparaissant et disparaissant selon sa volonté, Jésus a signifié que sa résurrection n'était pas du même genre que celle de Lazare et, en même temps, il a mangé et on pouvait le toucher, ce qui interdit de soutenir que ce n'était qu'un mirage. Les théories avancées pour expliquer la résurrection ne tiennent aucunement compte de l'ensemble des preuves.

En deuxième lieu, il faut tenir compte de l'enseignement de Jésus après sa résurrection. Pour une raison incertaine, nous avons peu l'habitude de l'étudier de près, alors que ce qu'il a enseigné à ce moment-là est très important puisqu'il s'agit du fondement de l'Eglise. Il y a, d'abord, la rencontre sur la route d'Emmaüs, racontée en Luc 24. Jésus explique aux deux disciples les Ecritures selon l'herméneutique christologique qu'il avait déjà utilisée au cours de son ministère terrestre (Jn 5:39). Il termine son exposé de la Parole en répétant le dernier repas (la sainte Cène), au cours duquel ils le reconnaissent, paradigme (modèle) du rapport entre Parole et sacrement que l'Eglise a été chargée de maintenir.

Pendant ses quarante jours sur terre, Jésus contredit les spéculations sur la nature du Royaume de Dieu. Les disciples avaient entendu à maintes reprises que le Royaume n'était pas de ce monde, mais à la suite d'un événement aussi inattendu que la résurrection, il est compréhensible que certains aient pensé que les mises en garde d'alors n'avaient plus de raison d'être. Pourtant Jésus réitère son enseignement à ce sujet avec encore plus de vigueur, et il leur rappelle que l'accomplissement de toutes choses reste un mystère, sauf pour le Père (Ac 1:7). Au lieu de promettre une parousie immédiate, Jésus donne à ses disciples des commandements spécifiques qui, comme nous le voyons, sont au coeur même de la mission de l'Eglise. Ces commandements, énoncés en Mt 28:19-20, ont souvent été rejetés comme inauthentiques par des savants, pour la simple raison que leur enseignement est trop élaboré, spécialement sur la Trinité, pour les débuts du ministère de l'Eglise.

En réponse à cela, il convient de souligner que le commandement de Jésus de prêcher et de baptiser remonte à son ministère d'avant la résurrection. La différence tient à ce que le contenu du message est désormais beaucoup plus profond, puisque au message de pardon, s'ajoute une promesse de délivrance. Cette profondeur accrue apparaît dans la pratique du baptême. L'utilisation du nom des trois personnes de la Trinitépeut sembler trop précoce dans l'histoire de l'Eglise, mais nous savons que la doctrine de la Trinité, qui a été formulée par la suite, a son origine dans la pratique du baptême et qu'elle ne lui a pas été imposée. D'où viendrait, d'ailleurs, la pratique de baptiser au nom des trois personnes de la Trinité, sinon de Jésus lui-même? Ceux qui soutiennent que la Trinité est un concept philosophique compliqué emprunté au néoplatonisme n'ont pas suffisamment réfléchi à ce phénomène. Ils n'ont pas non plus tenu compte de certains témoignages qui se trouvent dans les Actes - par exemple en 8:15-17 -, où il est précisé que le baptême au nom de Jésus seul n'est pas suffisant.

Au total, l'enseignement de Jésus après sa résurrection se présente comme une répétition et une confirmation de ce qu'il avait dit auparavant, et non comme une nouveauté due à un changement de circonstances. Cela ne fait que renforcer notre conviction que sa mort et sa résurrection ne sont pas arrivées par hasard et qu'elles n'étaient pas inconnues de lui avant de se produire. Au contraire, elles apparaissent comme l'accomplissement logique de la dynamique de son enseignement. Tel est le point de vue des évangiles, bien que ceux-ci puissent être accusés de trop insister sur la résurrection. Mais puisque la structure fondamentale du témoignage est restée la même, on peut le voir autrement. Il y a une continuité solide et solidement fondée entre "l'avant" et "l'après", ce qui signifie simplement que tout a été programmé dès le commencement.

Il est vital pour les chrétiens, aujourd'hui, de sauver la résurrection de l'oubli théologique dont elle souffre et de lui rendre sa place centrale dans leur vie et leur témoignage. Trop souvent, nous nous arrêtons aux éléments extérieurs de l'événement et nous négligeons sa signification profonde. Que Dieu nous accorde la sagesse de redonner à cet aspect de la vérité sa juste place, afin que, avec l'Eglise universelle, nous puissions retrouver la joie et l'émerveillement qu'ont connus les disciples lors du premier dimanche de Pâques.

Ressources/f72bbutb1.jpg

 

Pour fermer la fenêtre, cliquez ICI

 

 

Ressources/f72bbutsm.jpg Ressources/f72bbutm.jpg (1269 bytes) Ressources/f72bbutb.jpg Ressources/f72bbutm.jpg (1269 bytes) Ressources/f72bbutsm.jpg

 

 

Ressources/f72blucief.jpg