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De
la sainte cène de Jésus-Christ |
Q. 75 : Comment la sainte cène te rappelle-t-elle et t'assure-t-elle que tu as part
à l'unique sacrifice de Christ sur la croix et à tous ses biens ?
En ce
que Christ m'a commandé, à moi et à tous
les croyants, de manger de ce pain rompu et de boire de cette
coupe en sa mémoire. Il y a également joint ses
promesses (Mt 26.26ss.; Mc 14.22ss.; Lc 22.19ss.; 1 Co 10.16ss.;
11.23-25): d'une part, aussi vrai que je vois de mes yeux
le pain du Seigneur être rompu pour moi et la coupe m'être
donnée, aussi vrai son corps a été offert
et rompu pour moi sur la croix et son sang versé pour
moi. D'autre part, aussi vrai que je reçois de la main
du ministre et que corporellement je mange le pain et bois la
coupe du Seigneur qui me sont donnés comme signes certains
du corps et du sang de Christ, aussi vrai lui-même nourrit
et désaltère mon âme pour la vie éternelle
par son corps crucifié et son sang répandu.
Q. 76 : Que veut dire manger le corps crucifié de Christ et boire son sang répandu ?
C'est
accepter d'un coeur croyant toute la passion et la mort de Christ
et recevoir ainsi la rémission des péchés
et la vie éternelle (Jn 6.35, 40, 47ss., 50ss., 53ss.).
C'est aussi être uni toujours plus étroitement au
corps béni de Christ par le Saint-Esprit qui habite en
Christ comme en nous (Jn 6.55ss.), de sorte que nous soyons
chair de sa chair et os de ses os (Ep 3.16-17; 5.29ss., 32;
1 Co 6.15, 17, 19; 1 Jn 3.24; 4.13), alors même qu'il
est au ciel (Ac 3.21; 1 Co 11.26) et nous sur la terre.
De cette façon un seul Esprit - comme l'âme le fait
pour les membres du corps - nous gouverne et nous fait vivre
éternellement (Jn 14.23; 6.56-58; 15.1-6; Ep 4.15-16).
Q. 77 : Où Christ a-t-il promis aux croyants de les nourrir de son corps et de
les désaltérer de son sang, aussi certainement qu'ils mangent de ce pain rompu et
boivent de cette coupe ?
Dans
l'institution de la cène qui dit ceci (1 Co 11.23-25;
Mt 26.26-28; Mc 14.22-24; Lc 22.19ss.): "Le Seigneur
Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit
du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit
et dit: Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en
mémoire de moi". Il fit de même pour la coupe,
après le repas, en disant: "Cette coupe est la nouvelle
alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi, toutes
les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez
ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort
du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne". Et cette promesse
est aussi répétée par saint Paul quand il
dit (1 Co 10.16ss.): "La coupe de bénédiction
que nous bénissons n'est-elle pas la communion au sang
du Christ? Le pain que nous rompons n'est-il pas la communion
au corps du Christ? Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes
plusieurs, nous sommes un seul corps; car nous participons tous
à un même pain".
Q. 78 : Le pain et le vin deviennent-ils donc essentiellement le corps et le sang
de Christ ?
Non,
mais comme dans le baptême, l'eau n'est pas changée
en sang de Christ, ou ne devient pas la purification même
des péchés, mais en est seulement un signe et un
gage divins (Mt 26.29; Mc 14.24), de même dans la
cène le pain sacré ne devient pas le corps même
de Christ (1 Co 10.16ss.; 11.26-28), bien que, suivant
la nature et l'usage des sacrements (Gn 17.10ss.; 14.19; Ex
12.27, 43, 48; Tt 3.5; 1 P 3.21; 1 Co 10.1-4), il soit appelé
le corps de Christ.
Q. 79 : Pourquoi alors Christ appelle-t-il le pain son corps, et la coupe son sang ou
la nouvelle alliance en son sang, et saint Paul parle-t-il de la communion au corps et
au sang de Jésus-Christ ?
Christ
ne parle pas ainsi sans grande raison: par là il veut
nous enseigner non seulement que, comme le pain et le vin entretiennent
la vie présente, de même son corps crucifié
et son sang versé sont la vraie nourriture et le vrai
breuvage de nos âmes pour la vie éternelle (Jn
6.51, 55); mais bien plus il veut nous assurer par ce signe
et gage visible que nous sommes faits participants de son vrai
corps et de son vrai sang par l'action du Saint-Esprit, aussi
véritablement que nous recevons par la bouche du corps
ces signes sacrés en mémoire de lui (1 Co 10.16-17);
et enfin qu'ainsi toute sa passion et son obéissance nous
appartiennent aussi certainement que si nous avions souffert
et satisfait nous-mêmes pour nos péchés.
Q. 80 : Quelle différence y a-t-il entre la cène du Seigneur et la messe papale ?
La cène
nous atteste que nous avons rémission entière de
tous nos péchés par l'unique sacrifice de Jésus-Christ,
qu'il a lui-même accompli une fois pour toutes sur la croix
(Hé 7.26; 9.12, 25-28; 10.10, 12-14; Jn 19.30; Mt 26.28;
Luc 22.19ss.), et que par le Saint-Esprit nous sommes incorporés
à Christ (1 Co 6.17; 10.16), qui se trouve maintenant,
avec son vrai corps, au ciel à la droite du Père
(Hé 1.3; 8.1ss.) et veut y être adoré
(Jn 4.21-24; 20.17; Lc 24.52; Ac 7.55-56; Col 3.1; Ph 3.20ss.;
1 Th 1.10). La messe, en revanche, enseigne que les vivants
et les morts n'ont la rémission des péchés
par la passion de Christ que si Christ est en outre quotidiennement
sacrifié pour eux par des prêtres qui célèbrent
les messes; de plus elle enseigne que Christ se trouve corporellement
sous les espèces du pain et du vin et que, par conséquent,
il doit y être adoré. Ainsi la messe n'est au fond
rien d'autre qu'une négation de l'unique sacrifice et
passion de Jésus-Christ (Hé 9.6-10; 10.19-31)
et qu'une maudite idolâtrie.
Q. 81 : Quels sont ceux qui doivent venir à la table du Seigneur ?
Ceux
qui se déplaisent à eux-mêmes à cause
de leurs péchés, qui croient pourtant que ceux-ci
leur sont pardonnés et que la faiblesse qui reste en eux
est couverte par la passion et la mort de Christ, et qui désirent
aussi affermir de plus en plus leur foi et améliorer leur
vie. Mais les impénitents et les hypocrites mangent et
boivent leur propre condamnation (1 Co 10.19-21; 11.28ss.).
Q. 82 : Faut-il aussi admettre à la cène ceux qui par leur confession et leur vie se
montrent incrédules et impies ?
Non,
car ainsi l'alliance de Dieu est profanée et sa colère
excitée contre toute la communauté (1 Co 11.20,
34; Es 1.11-15; 66.3; Jr 7.21-23; Ps 50.16-23). C'est pourquoi,
suivant l'ordonnance de Christ et de ses apôtres, l'Église
est tenue d'exclure ces incrédules et ces impies par le
ministère des clefs jusqu'à ce qu'ils améliorent
leur vie.
Q. 83 : Qu'est-ce que le ministère des clefs ?
C'est
la prédication du saint Évangile et la discipline
ecclésiastique. Par ces deux moyens, le Royaume des cieux
est ouvert aux croyants et fermé aux incrédules
(Mt 16.18ss.; 18.15- 18).
Q. 84 : Comment le Royaume des cieux est-il ouvert et fermé par la prédication
du saint Évangile ?
En annonçant
et en attestant publiquement, selon l'ordre de Christ, à
tous les fidèles en général et à
chacun en particulier que toutes les fois qu'ils embrassent la
promesse de l'Évangile par une vraie foi, tous leurs péchés
leur sont véritablement pardonnés par Dieu à
cause du mérite de Christ. Et au contraire en annonçant
et en attestant publiquement aux incrédules et aux hypocrites
que la colère de Dieu et la réprobation éternelle
pèsent sur eux tant qu'ils ne se convertissent pas (Jn
20.21-23; Mt 16.19). Suivant ce témoignage de l'Évangile
Dieu jugera aussi bien dans cette vie que dans celle à
venir.
Q. 85 : Comment le Royaume des cieux est-il ouvert et fermé par la discipline
ecclésiastique ?
En dénonçant,
suivant l'ordre de Christ, à l'Église ou à
ceux qu'elle a établis pour cela, ceux qui sous couvert
du nom de chrétiens enseignent ou se conduisent d'une
manière qui n'est pas chrétienne et qui en dépit
de plusieurs avertissements fraternels ne renoncent pas à
leurs erreurs ou à leurs vices. S'ils ne se rendent pas
à l'exhortation de l'Église ou de ses ministres,
ils sont exclus par ces derniers de la communauté chrétienne
au moyen de l'interdiction des saints sacrements et par Dieu
lui-même du Royaume du Christ. Ils sont reçus à
nouveau comme membres de Christ et de l'Église s'ils promettent
et manifestent qu'ils vont véritablement s'amender (Mt
18.15-18; 1 Co 5.2-5; 2 Th 3.14ss.; 2 Jn 10ss.).
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