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La confession de foi de la Rochelle (1559) (Suite - 2)

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6. Cette Ecriture Sainte nous enseigne qu'en cette seule et simple essence divine que nous avons confessée il y a trois personnes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit (Dt 4.12; 10.17; Mt 28.19; 1 Jn 5.7). Le Père, première cause et principe et origine de toutes choses. Le Fils, sa parole et sapience éternelle. Le Saint-Esprit, sa vertu, puissance et efficace. Le Fils, éternellement engendré du Père. Le Saint-Esprit, procédant éternellement de tous deux. Les trois personnes, non confuses mais distinctes, et toutefois non divisées, mais d'une même essence, éternité, puissance et égalité (Mt 28.19; Jn 1.1; Jn 17.5; Ac 17.25; Rm 1.7; 1 Jn 5.7). Et en cela avouons ce qui a été déterminé par les conciles anciens, et détestons toutes sectes et hérésies qui ont été rejetées par les saints docteurs comme saint Hilaire, saint Athanase, saint Ambroise, saint Cyrille.

7. Nous croyons que Dieu en trois personnes coopérantes par sa vertu, sagesse et bonté incompréhensible, a créé toutes choses, non seulement le ciel, la terre et tout ce qui y est contenu, mais aussi les esprits invisibles (Gn 1.1; 3.1; Jn 1.3; Col 1.16; He 1.2), desquels les uns sont déchus et trébuchés en perdition (2 P 2.4; Jude 6), les autres ont persisté en obéissance (Ps 103.20-21). Que les premiers, s'étant corrompus en malice, sont ennemis de tout bien, et par conséquent de toute l'Eglise (Jn 8.44). Les seconds, ayant été préservés par la grace de Dieu, sont ministres pour glorifier le nom de Dieu et servir au salut de ses élus (He 1.7-14; Ps 34.8; 91.11).

8. Nous croyons que non seulement il a créé toutes choses, mais qu'il les gouverne et conduit, disposant et ordonnant selon sa volonté de tout ce qui advient au monde (Ps 104; 119.89-96; 147; Pr 16.4; Mt 10.29; Ac 2.23; 4.28; 17.24, 26, 28; Rm 9.11; Ep 1.11), non pas qu'il soit auteur du mal ou que la coulpe lui en puisse être imputée (Ps 5.5; Os 13.9; 1 Jn 2.16; 3.8), vu que sa volonté est la règle souveraine et infaillible de toute droiture et équité (Jb 1.22), mais il a des moyens admirables de se servir tellement des diables et des méchants qu'il sait convertir en bien le mal qu'ils font et duquel ils sont coupables (Ac 2.23-24; 4.27-28). Et ainsi en confessant que rien ne se fait sans la providence de Dieu, nous adorons en humilité les secrets qui nous sont cachés, sans nous enquérir par-dessus notre mesure (Rm 9.19-20; 11.33); mais plutot appliquons notre usage ce qui nous est montré en l'Ecriture Sainte, pour être en repos et sureté, et autant que Dieu, qui a toutes choses sujettes soi, veille sur nous d'un soin paternel, tellement qu'il ne tombera point un cheveu de notre tête sans son vouloir (Mt 10.30; Lc 21.18), et cependant tient les diables et tous nos ennemis bridés, en sorte qu'ils ne nous peuvent faire aucune nuisance sans son congé (Gn 3.15; Jb 1.12; 2.6; Mt 8.31; Jn 19.11).

9. Nous croyons que l'homme ayant été créé pur et entier, et conforme l'image de Dieu (Gn 1.26; Ecc 7.29; Ep 4.24), est par sa propre faute déchu de la gr ce qu'il avait reçue (Gn 3.17; Rm 5.12; Ep 2.2-3), et ainsi s'est aliéné de Dieu qui est la fontaine de justice et de tous biens, en sorte que sa nature est du tout corrompue (Gn 6.5; 8.21), et étant aveuglé en son esprit et dépravé en son c|ur, a perdu toute intégrité sans en avoir rien de résidu. Et combien qu'il ait encore quelque discrétion du bien et du mal (Rm 1.20-21; 2.18-20), nonobstant nous disons que ce qu'il a de clarté se convertit en ténèbres quand il est question de chercher Dieu, tellement qu'il n'en peut nullement approcher par son intelligence et raison (Rm 1.21; 1 Co 2.14). Et combien qu'il ait volonté par laquelle il est incité faire ceci ou cela, toutefois elle est du tout captive sous péché (Rm 6.16-17; 8.6-7), en sorte qu'il n'a nulle liberté bien, que celle que Dieu lui donne (Jr 10.23; Jn 1.12; 3.6; 8.36; 15.5; Rm 7.18; 1 Co 4.7; 2 Co 3.5; Ph 2.13).

10. Nous croyons que toute la lignée d'Adam est infectée de telle contagion, qui est le péché originel et un vice héréditaire (Gn 6.5 ; 8.21; Jb 14.4 ; Ps 51.7; Mt 15.19 ; Rm 5.12-18) et non pas seulement une imitation, comme les Pélagiens ont voulu dire, les- quels nous détestons en leurs erreurs. Et n'estimons pas qu'il soit besoin de s'enquérir comme le péché vient d'un homme l'autre, vu que c'est bien assez que ce que Dieu lui avait donné n'était pas pour lui seul, mais pour toute sa lignée, et ainsi qu'en la personne d'icelui nous avons été dénués de tous biens, et sommes trébuchés en toute pauvreté et malédiction.

 

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