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6. Cette
Ecriture Sainte nous enseigne qu'en cette seule et simple essence
divine que nous avons confessée il y a trois personnes:
le Père, le Fils et le Saint-Esprit (Dt 4.12; 10.17;
Mt 28.19; 1 Jn 5.7). Le Père,
première cause et principe et origine de toutes choses.
Le Fils, sa parole et sapience éternelle. Le Saint-Esprit,
sa vertu, puissance et efficace. Le Fils, éternellement
engendré du Père. Le Saint-Esprit, procédant
éternellement de tous deux. Les trois personnes, non confuses
mais distinctes, et toutefois non divisées, mais d'une
même essence, éternité, puissance et égalité
(Mt
28.19; Jn 1.1; Jn 17.5; Ac 17.25; Rm 1.7; 1 Jn 5.7). Et en cela
avouons ce qui a été déterminé par
les conciles anciens, et détestons toutes sectes et hérésies
qui ont été rejetées par les saints docteurs
comme saint Hilaire, saint Athanase, saint Ambroise, saint Cyrille.
7. Nous
croyons que Dieu en trois personnes coopérantes par sa
vertu, sagesse et bonté incompréhensible, a créé
toutes choses, non seulement le ciel, la terre et tout ce qui
y est contenu, mais aussi les esprits invisibles (Gn 1.1; 3.1;
Jn 1.3; Col 1.16; He 1.2), desquels les uns sont déchus et
trébuchés en perdition (2 P 2.4; Jude
6), les autres
ont persisté en obéissance (Ps 103.20-21). Que les premiers,
s'étant corrompus en malice, sont ennemis de tout bien,
et par conséquent de toute l'Eglise (Jn 8.44). Les seconds,
ayant été préservés par la grace
de Dieu, sont ministres pour glorifier le nom de Dieu et servir
au salut de ses élus (He 1.7-14; Ps 34.8; 91.11).
8. Nous
croyons que non seulement il a créé toutes choses,
mais qu'il les gouverne et conduit, disposant et ordonnant selon
sa volonté de tout ce qui advient au monde (Ps 104; 119.89-96;
147; Pr 16.4; Mt 10.29; Ac 2.23; 4.28; 17.24, 26, 28; Rm 9.11;
Ep 1.11), non pas qu'il
soit auteur du mal ou que la coulpe lui en puisse être
imputée (Ps 5.5; Os 13.9; 1 Jn 2.16; 3.8), vu que sa volonté
est la règle souveraine et infaillible de toute droiture
et équité (Jb 1.22), mais il a des moyens admirables
de se servir tellement des diables et des méchants qu'il
sait convertir en bien le mal qu'ils font et duquel ils sont
coupables (Ac
2.23-24; 4.27-28). Et ainsi en
confessant que rien ne se fait sans la providence de Dieu, nous
adorons en humilité les secrets qui nous sont cachés,
sans nous enquérir par-dessus notre mesure (Rm 9.19-20; 11.33); mais plutot
appliquons notre usage ce qui nous est montré en l'Ecriture
Sainte, pour être en repos et sureté, et autant
que Dieu, qui a toutes choses sujettes soi, veille sur nous d'un
soin paternel, tellement qu'il ne tombera point un cheveu de
notre tête sans son vouloir (Mt 10.30; Lc 21.18), et cependant
tient les diables et tous nos ennemis bridés, en sorte
qu'ils ne nous peuvent faire aucune nuisance sans son congé
(Gn
3.15; Jb 1.12; 2.6; Mt 8.31; Jn 19.11).
9. Nous
croyons que l'homme ayant été créé
pur et entier, et conforme l'image de Dieu (Gn 1.26; Ecc
7.29; Ep 4.24), est par sa
propre faute déchu de la gr ce qu'il avait reçue
(Gn
3.17; Rm 5.12; Ep 2.2-3), et ainsi s'est aliéné de
Dieu qui est la fontaine de justice et de tous biens, en sorte
que sa nature est du tout corrompue (Gn 6.5; 8.21), et étant aveuglé
en son esprit et dépravé en son c|ur, a perdu toute
intégrité sans en avoir rien de résidu.
Et combien qu'il ait encore quelque discrétion du bien
et du mal (Rm
1.20-21; 2.18-20), nonobstant
nous disons que ce qu'il a de clarté se convertit en ténèbres
quand il est question de chercher Dieu, tellement qu'il n'en
peut nullement approcher par son intelligence et raison (Rm 1.21; 1 Co
2.14). Et combien
qu'il ait volonté par laquelle il est incité faire
ceci ou cela, toutefois elle est du tout captive sous péché
(Rm
6.16-17; 8.6-7), en sorte qu'il
n'a nulle liberté bien, que celle que Dieu lui donne (Jr 10.23; Jn
1.12; 3.6; 8.36; 15.5; Rm 7.18; 1 Co 4.7; 2 Co 3.5; Ph 2.13).
10. Nous
croyons que toute la lignée d'Adam est infectée
de telle contagion, qui est le péché originel et
un vice héréditaire (Gn 6.5 ; 8.21; Jb 14.4 ; Ps 51.7;
Mt 15.19 ; Rm 5.12-18) et non pas seulement
une imitation, comme les Pélagiens ont voulu dire, les-
quels nous détestons en leurs erreurs. Et n'estimons pas
qu'il soit besoin de s'enquérir comme le péché
vient d'un homme l'autre, vu que c'est bien assez que ce que
Dieu lui avait donné n'était pas pour lui seul,
mais pour toute sa lignée, et ainsi qu'en la personne
d'icelui nous avons été dénués de
tous biens, et sommes trébuchés en toute pauvreté
et malédiction.
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