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11. Nous
croyons aussi que ce vice est vraiment péché, qui
suffit condamner tout le genre humain, jusqu'aux petits enfants
dès le ventre de la mère, et que pour tel il est
réputé devant Dieu (Ps 51.7; Rm 3.9-12, 23; 5.12;
Ep 2.3), même
qu'après le baptême c'est toujours péché
quant la coulpe, combien que la condamnation en soit abolie aux
enfants de Dieu, ne la leur imputant point par sa bonté
gratuite (Rm
7). Outre cela,
que c'est une perversité produisant toujours fruits de
malice et rébellion (Rm 7.5), tels que les plus saints, encore
qu'ils y résistent, ne laissent point d'être entachés
d'infirmités et de fautes pendant qu'ils habitent en ce
monde (Rm
7.14-19; 2 Co 12.7).
12. Nous
croyons que de cette corruption et condamnation générale
en laquelle tous hommes sont plongés, Dieu retire ceux
lesquels en son conseil éternel et immuable il a élus
par sa seule bonté et miséricorde en notre Seigneur
Jésus-Christ, sans considération de leurs |uvres
(Jr
1.5; Rm 8.28-30 et tout le ch. 9; Ep 1.4-5; Rm 3.28; 2 Tm 1.9;
Tt 3.5), laissant les
autres en icelle même corruption et condamnation, pour
démontrer en eux sa justice (Ex 9.16; Rm 9.22; 2 Tm 2.20), comme ès
premiers il fait luire les richesses de sa miséricorde
(Ep
1.7; Rm 3.22-23; 9.23). Car les uns
ne sont point meilleurs que les autres, jusqu' ce que Dieu les
discerne selon son conseil immuable, qu'il a déterminé
en Jésus-Christ devant la création du monde (Ep 1.4; 2 Tm
1.9), et nul aussi
ne se pourrait introduire un tel bien de sa propre vertu, vu
que de nature nous ne pouvons avoir un seul bon mouvement, ni
affection, ni pensée, jusqu' ce que Dieu nous ait prévenus,
et nous y ait disposés (Jr 10.23; Rm 9.16; Ep 1.4-5;
2 Tm 1.9; Ph 2.13 ; Tt 3.3).
13. Nous
croyons qu'en icelui Jésus-Christ tout ce qui était
requis notre salut nous a été offert et communiqué.
Lequel nous étant donné salut, nous a été
quant et quant fait sapience, justice, sanctification et rédemption
(1
Co 1.30; Ep 1.7; Col 1.13-14; 1 Tm 1.15; Tt 2.14), en sorte qu'en
déclinant de lui, on renonce la miséricorde du
Père, o il nous convient avoir notre refuge unique (Jn 3-18; 1 Jn
2.23).
14. Nous
croyons que Jésus-Christ, étant la sagesse de Dieu
et son Fils éternel, a vêtu notre chair, afin d'être
Dieu et homme en une personne (Jn 1.14; Ph 2.6-7), voire homme
semblable nous (He 2.17), passible en corps et en me, sinon en
tant qu'il a été pur de toute macule (2 Co 5.21). Et quant son
humanité, qu'il a été vraie semence d'Abraham
et de David (Ac 13.23; Rm 1.3; 8.3; 9.5; He 2.14-15;
4.15), combien qu'il
ait été conçu par la vertu secrète
du Saint-Esprit (Lc 1.28, 31, 35; 2.11; Mt 1.18). En quoi nous
détestons toutes les hérésies qui ont anciennement
troublé les Eglises, et notamment aussi les imaginations
diaboliques de Servet, lequel attribue au Seigneur Jésus
une divinité fantastique, d'autant qu'il le dit être
idée et patron de toutes choses, et le nomme Fils personnel
ou figuratif de Dieu, et finalement lui forge un corps de trois
éléments incréés, et par ainsi mêle
et détruit toutes les deux natures.
15. Nous
croyons qu'en une même personne, savoir Jésus-Christ,
les deux natures sont vraiment et inséparablement conjointes
et unies, demeurant néanmoins chacune nature en sa distincte
propriété, tellement que comme en cette conjonction
la nature divine retenant sa propriété est demeurée
incréée, infinie et remplissant toutes choses,
aussi la nature humaine est demeurée finie, ayant sa forme,
mesure et propriété (Mt 1.20-21; Lc 1.31, 32, 35,
42, 43; Jn 1.14; Rm 9.5; 1 Tm 2.5; 3.16; He 5.8), et même combien que Jésus-Christ
en ressuscitant ait donné immortalité son corps,
toutefois il ne lui a ôté la vérité
de sa nature (Lc 24.38-39; Rm 1.4; Ph 2.6-11; 3.21). Et ainsi nous
le considérons tellement en sa divinité, que nous
ne le dépouillons point de son humanité.
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