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La confession de foi de la Rochelle (1559) (Suite - 5)

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21. Nous croyons que nous sommes illuminés en la foi par la gr ce secrète du Saint-Esprit (Ep 1.17-18; 1 Th 1.5; 2 P 1.3-4), tellement que c'est un don gratuit et particulier que Dieu départ ceux que bon lui semble (Rm 9.16, 18, 24, 25; 1 Co 4.7), en sorte que les fidèles n'ont de quoi s'en glorifier (Ep 2.8), étant obligés au double de ce qu'ils ont été préférés aux autres, même que la foi n'est pas seulement baillée par un coup aux élus pour les introduire au bon chemin, ains pour les y faire continuer aussi jusqu'au bout (1 Co 1.8-9). Car comme c'est Dieu de faire le commencement, aussi c'est lui de parachever (Ph 1.6; 2.13).

22. Nous croyons que par cette foi nous sommes régénérés en nouveauté de vie, étant naturellement asservis péché (Tt 3.5; 1 P 1.3; Rm 6.17-20; Col 2.13; 3.10). Or nous recevons par foi la gr ce de vivre saintement et en la crainte de Dieu, en recevant la promesse qui nous est donnée par l'Evangile, savoir que Dieu nous donnera son Saint-Esprit. Ainsi la foi non seulement ne refroidit l'affection de bien et saintement vivre (Jc 2.17, 26), mais l'engendre et excite en nous, produisant nécessairement les bonnes oeuvres (Ga 5.6, 22; 1 Jn 2.3-4; 2 P 1.5-8). Au reste, combien que Dieu pour accomplir notre salut nous régénère, nous reformant bien faire (Dt 30.6; Jn 3.5), toutefois nous confessons que les bonnes oeuvres que nous faisons par la conduite de son Esprit ne viennent point en compte pour nous justifier ou mériter que Dieu nous tienne pour ses enfants (Lc 17.10; Ps 6.2; Rm 3.19-20; 4.3-5), parce que nous serions toujours flottants en doute et inquiétude, si nos consciences ne s'appuyaient sur la satisfaction par laquelle Jésus-Christ nous a acquittés (Rm 5.1-2).

23. Nous croyons que toutes les figures de la Loi ont pris fin la venue de Jésus-Christ (Rm 10.4; Ga 3 et 4; Col 2.17; Jn 1.17). Mais combien que les cérémonies ne soient plus en usage, néanmoins la substance et vérité nous en est demeurée en la personne de celui auquel gît tout accomplissement (Ga 4.3, 9; 2 P 1.19; Lc 1.70; Jc 5.10). Au surplus il nous faut aider de la Loi et des Prophètes, tant pour régler notre vie que pour être confirmés aux promesses de l'Evangile (2 Tm 3.16; 2 P 3.2).

24. Nous croyons, puisque Jésus-Christ nous est donné pour seul avocat (1 Jn 2.1-2; 1 Tm 2.5; Ac 4.12) et qu'il nous commande de nous retirer privément en son Nom vers son Père (Jn 16.23-24), et même qu'il ne nous est pas licite de prier sinon en suivant la forme que Dieu nous a dictée par sa parole (Mt 6.9ss.; Lc 11.2ss.), que tout ce que les hommes ont imaginé de l'intercession des saints trépassés n'est qu'abus et fallace de Satan pour faire dévoyer les hommes de la forme de bien prier (Ac 10.25-26; 14.15; Ap 19.10; 22.8-9). Nous rejetons aussi tous autres moyens que les hommes présument avoir pour se racheter envers Dieu, comme dérogeant au sacrifice de la mort et passion de Jésus-Christ. Finalement nous tenons le purgatoire pour une lllusion procédée de cette même boutique, de laquelle sont aussi procédés les voeux monastiques, pèlerinages, défenses du mariage et de l'usage des viandes, l'observation cérémonieuse des jours, la confession auriculaire, les indulgences, et toutes autres telles choses par lesquelles on pense mériter gr ce et salut (Mt 15.11; 6.16- 18; Ac 10.14-15; Rm 14.2; Ga 4.9-10; Col 2.18-23; 1 Tm 4.2-5). Lesquelles choses nous rejetons non seulement pour la fausse opinion du mérite qui y est attachée, mais aussi parce que ce sont inventions humaines, qui imposent joug aux consciences.

25. Or parce que nous ne jouissons de Jésus-Christ que par l'Evangile (Mt 10.27; Rm 1.16-17; 10.17), nous croyons que l'ordre de l'Eglise qui a été établi en son autorité doit être sacré et inviolable (Mt 18.20; Ep 1.22-23), et pourtant que l'Eglise ne peut consister sinon qu'il y ait des pasteurs, qui aient la charge d'enseigner, lesquels on doit honorer et écouter en révérence quand ils sont d ment appelés et exercent fidèlement leur office (Mt 10.40; Jn 13.20; Lc 10.16; Rm 10.14-15; Ep 4.11-12). Non pas que Dieu soit attaché telles aides ou moyens inférieurs, mais pour ce qu'il lui plaît nous entretenir sous telle charge et bride. En quoi nous détestons tous fantastiques qui voudraient bien, en tant qu'en eux est, anéantir le ministère et prédication de la parole de Dieu et des sacrements.

 

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