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La confession de foi de la Rochelle (1559) (Suite - 8)

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36. Nous confessons que la sainte cène, qui est le second sacrement, nous est témoignage de l'unité que nous avons avec Jésus-Christ (1 Co 10.16-17; 11.24), d'autant qu'il n'est pas seulement une fois mort et ressuscité pour nous, mais aussi nous repaît et nourrit vraiment de sa chair et de son sang, ce que nous soyons un avec lui et que sa vie nous soit commune (Jn 6.55-57; 17.21; Rm 8.32). Or combien qu'il soit au ciel jusqu' ce qu'il vienne pour juger tout le monde (Mc 16.19; Ac 1.2-11; 3.21), toutefois nous croyons que par la vertu secrète et incompréhensible de son Esprit il nous nourrit et vivifie de la substance de son corps et de son sang (1 Co 10.16; Jn 6.35). Nous tenons bien que cela se fait spirituellement, non pas pour mettre au lieu de l'effet et de la vérité imagination ni pensée, mais d'autant que ce mystère surmonte en sa hautesse la mesure de notre sens et tout ordre de nature, bref, pour ce qu'il est céleste, ne peut être appréhendé que par foi.

37. Nous croyons, ainsi qu'il a été dit, que tant en la cène qu'au baptême Dieu nous donne réellement et par effet ce qu'il y figure, et pourtant nous conjoignons avec les signes la vraie possession et jouissance de ce qui nous est l présenté. Et par ainsi tous ceux qui apportent la table sacrée de Christ une pure foi, comme un vaisseau, reçoivent vraiment ce que les signes y testifient: c'est que le corps et le sang de Jésus-Christ ne servent pas moins de manger et boire l' me que le pain et le vin font au corps (Mt 26.26; 1 Co 11.24-25).

38. Ainsi nous tenons que l'eau étant un élément caduc ne laisse pas de nous testifier en vérité le lavement intérieur de notre me au sang de Jésus-Christ par l'efficace de son Esprit (Rm 6.3-4; 1 Co 6.11; Ep 5.26), et que le pain et le vin nous étant donnés en la cène nous servent vraiment de nourriture spirituelle, d'autant qu'ils nous montrent comme l'oeil la chair de Jésus-Christ nous être notre viande et son sang notre breuvage (Jn 6.51; 1 Co 11.24). Et rejetons les fantastiques et sacramentaires qui ne veulent point recevoir tels signes et marques, vu que Jésus-Christ prononce: "Ceci est mon corps, et ce calice est mon sang" (Mt 26.26; 1 Co 11.24-25).

39. Nous croyons que Dieu veut que le monde soit gouverné par lois et polices, afin qu'il y ait quelques brides pour réprimer les appétits désordonnés du monde (Ex 18.20-21; Mt 17.24-27; Rm 13.1-7). Et ainsi qu'il a établi les royaumes, républiques et toutes autres sortes de principautés, soit héréditaires ou autrement, et tout ce qui appartient l'état de justice et en veut être reconnu auteur, cette cause a mis le glaive en la main des magistrats pour réprimer les péchés commis, non seulement contre la seconde table des commandements de Dieu, mais aussi contre la première. Il faut donc, cause de lui, que non seulement on endure que les supérieurs dominent, mais aussi qu'on les honore et prise en toute révérence, les tenant pour ses lieutenants et officiers, lesquels il a commis pour exercer une charge légitime et sainte (1 P 2.13-14; 1 Tm 2.2).

40. Nous tenons donc qu'il faut obéir leurs lois et statuts, payer tributs, impôts et autres devoirs, et porter le joug de sujétion d'une bonne et franche volonté, encore qu'ils fussent infidèles, moyennant que l'empire souverain de Dieu demeure en son entier (Mt 17.24; Ac 4.17-19). Par ainsi nous détestons ceux qui voudraient rejeter les supériorités, mettre communauté et confusions des biens, et renverser l'ordre de justice.

(Fin)

 

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