|
22.
Les serments et voeux légitimes |
1. Un
serment légitime fait partie du culte religieux1 lorsqu'en une
juste occasion la personne le prêtant prend Dieu à
témoin de ce qu'elle affirme ou promet, et s'en remet
à son jugement quant à la vérité
ou à la fausseté de ce qu'elle a juré2.
2. Seul
le nom de Dieu est celui par lequel les hommes doivent prêter
serment; aussi doit-il être prononcé avec crainte
et respect3. C'est pourquoi
jurer en vain ou trop vite par ce Nom glorieux et redoutable,
ou jurer par quelque autre choses, est un péché
et doit être exécré4. Cependant, pour des questions
importantes ou en certaines occasions, prêter serment est
justifié par la Parole de Dieu, sous le Nouveau Testament
comme sous l'Ancien5; si bien qu'en
de telles matières, il faut prêter le serment légal
imposé par l'autorité légitime6.
3. Quiconque
prête serment doit dûment considérer le poids
d'un acte aussi solennel et ne rien déclarer d'autre que
ce dont il est pleinement persuadé être la vérité7; nul ne peut
se lier par serment que pour ce qui est bon et juste, et pour
ce qu'il croit être tel, et pour ce qu'il est apte et résolu
à accomplir8. Cependant,
c'est un péché de refuser de prêter serment
à propos d'une chose bonne et juste, quand une autorité
légitime l'exige9.
4. Un
serment doit être prêté en des termes clairs
et simples, sans user d'équivoque ou de restriction mentale10. Il ne peut
contraindre à pécher; sous cette réserve,
une fois prêté, il doit être respecté,
même au prix d'un préjudice pour celui qui l'a prêté11. Il ne doit
pas non plus être violé sous prétexte qu'il
a été fait à des hérétiques
ou à des infidèles12.
5. Un
voeu est de même nature qu'un serment avec promesse et
doit être fait avec le même sérieux religieux
et observé avec la même fidélité13.
6. C'est
à Dieu seul et non pas à quelque créature
que doit s'adresser le voeu14; et, pour être acceptable, il doit
être fait de plein gré, par la foi, avec la conscience
du devoir, en témoignage de reconnaissance pour la miséricorde
reçue ou en vue d'obtenir ce dont nous avons besoin; par
là nous nous engageons strictement à des devoirs
nécessaires, ou à d'autres choses aussi loin et
aussi longtemps qu'elles pourront nous entraîner15.
7. Rien
de ce qui est défendu par la Parole de Dieu, de ce qui
fait obstacle aux devoirs qu'elle ordonne, ou de ce qui n'est
pas en notre pouvoir, ou de ce qui ne bénéficie
pas, de la part de Dieu, d'une promesse nous y autorisant ne
doit faire l'objet d'un voeu16. À cet égard les voeux monastiques
papistes de célibat perpétuel, de pauvreté
déclarée et d'obéissance à une règle
sont si loin d'être des degrés de haute perfection
qu'ils sont plutôt des pièges superstitieux et coupables
auxquels nul chrétien ne doit se laisser prendre17.
________________________________________________
1 Dt 10.20
2 Ex 20.7; Lv 19.12; 2 Co 1.23; 2 Ch 6.22,23
3 Dt 6.13
4 Ex 20.7; Jr 5.7; Mt 5.34,37; Jc 5.12
5 Hé 6.16; 2 Co 1.23; Es 65.16
6 1 R 8.31; Né 13.25; Esd 10.5
7 Ex 20.7; Jr 4.2
8 Gn 24.2,3,5,6,8,9
9 Nb 5.19,21; Né 5.12; Ex 22.7-11
10 Jr 4.2; Ps 24.4
|
11 1 S 25.22,32-34; Ps 15.4
12 Ez 17.16,18,19; Jos 9.18,19 avec 2 S 21.1
13 Es 19.21; Ec 5.4-6; Ps 61.8; 66.13,14
14 Ps 76.11; Jr 44.25,26
15 Dt 23.21-23; Ps 1.14; Gn 28.20-22; 1 S 1.11;
Ps 66.13,14; 132.2-5
16 Ac 23.12,14; Mc 7.26; Nb 30.5,8,12,13
17 Mt 19.11,12; 1 Co 7.2,9; Ep 4.28; 1 P 4.2;
1 Co 7.23
|
|